Baromètre de l’industrie 2025 : Après un recul en 2024, le secteur de la rénovation anticipe une reprise en 2025
2025 pourrait marquer le début de la reprise pour le secteur de la rénovation
Houzz dévoile les résultats de son Baromètre de l’industrie 2025, réalisé chaque année auprès des professionnels de sa communauté afin d’établir des prévisions d’activité pour l’année à venir, ainsi qu’un compte rendu des 12 mois précédents, pour le secteur de la rénovation et de l’aménagement d’intérieur en France. « Après deux années éprouvantes, les professionnels de l’habitat entament 2025 avec une confiance mesurée », analyse Marine Sargsyan, économiste chez Houzz. « Ils affirment mettre en place de nouveaux processus pour améliorer l’efficacité opérationnelle et la communication avec leurs clients, tout en investissant dans la technologie afin de surmonter les défis rencontrés l’année dernière. » Découvrons ensemble les principaux enseignements à retenir de l’étude.
Une année 2024 au ralenti
Après une année 2023 délicate, 2024 a marqué un nouveau ralentissement de l’activité de rénovation, fortement liée à celle du secteur immobilier. Les résultats de l’étude montrent en effet qu’une proportion plus importante d’entreprises sondées a signalé une baisse annuelle du chiffre d’affaires et de la rentabilité sur la période, en comparaison avec 2023. Plus de la moitié (57 %) ont ainsi fait état d’une diminution de leur rentabilité, contre 43 % l’année précédente. Aussi, 50 % des entreprises ont constaté un recul de leur chiffre d’affaires, contre 41 % en 2023. Cette baisse des bénéfices en 2024 est particulièrement marquée chez les décorateurs d’intérieur (61 %), suivis des architectes d’intérieur (53 %) et des architectes (50 %).
« La fin d’année 2024 a été particulièrement difficile, les crédits accordés par les banques faisaient défaut et bloquaient pas mal de projets. Les gens étaient encore frileux, le climat morose pour les dépenses et tout le monde prenait des précautions » explique l’architecte d’intérieur Isabelle Hamard, de l’agence IH Studio, interrogée en fin d’année 2024. Les mêmes défis du marché étaient identifiés par son confrère Stéphane Bier : « Il est vrai qu’à Paris, l’activité immobilière a connu un gros coup de frein ces derniers mois, et l’architecture d’intérieur va de pair avec les achats immobiliers et les rénovations… Par conséquent, il y a certainement eu une baisse de la demande dans l’architecture d’intérieur également. Sauf que, contrairement à un agent immobilier, on a besoin de moins de clients, notamment en fonction de la taille des projets. »
L’optimisme domine pour 2025
La reprise semble toutefois s’être enclenchée en fin d’année, notamment avec la baisse des taux d’intérêt dans l’immobilier. C’est ce que partageaient plusieurs professionnels du secteur avec nous fin 2024, à l’image de l’architecte d’intérieur Alexandra Gorla : « La demande va beaucoup mieux, après le désert de 2023 et 2024, ça repart ! »
Un optimisme qui s’est enclenché dès le mois de septembre de l’année passée selon sa consœur Claire Clerc, de Maison claire clerc : « Depuis septembre, on observe une reprise progressive des demandes de projets, ce qui est stimulant. » L’architecte d’intérieur Isabelle Heilmann, de l’agence Épicène, fait le même constat après avoir souffert d’un premier trimestre 2024 très calme, avec peu de nouvelles demandes.
Le baromètre Houzz révèle également que deux professionnels sur cinq anticipent une bonne ou très bonne année 2025 (43 %). Par ailleurs, ils sont trois sur cinq à prévoir une hausse de leurs revenus et profits (61 % et 60 % respectivement). Les architectes d’intérieur sont les plus optimistes puisque la moitié d’entre eux (50 %) jugent leurs perspectives pour 2025 bonne ou très bonnes, les trois quarts misent sur une croissance de leur chiffre d’affaires (73 %), tandis qu’un tiers d’entre eux s’attendent à une augmentation de la demande pour leurs services (32 %).
« La fin d’année 2024 a marqué une reprise un peu plus importante de l’activité, avec des demandes de projets en hausse par rapport à la fin de l’année 2023, qui était une période plus creuse. Le marché d’achat semble reprendre un peu. Je pense que 2025 sera une année un peu plus dynamique que 2024 en termes d’activité », partage par exemple Thomas Christiaen, de l’Atelier Philibert. Il est rejoint par les architectes d’intérieur de Poësis Studio qui remarquent que « la demande est plutôt bien repartie avec la légère baisse des taux d’emprunt. Pour 2025, nous anticipons un marché immobilier qui reprend en dynamisme avec un impact sur le besoin d’accompagnement des particuliers pour concevoir leur cocon. »
Hausse attendue des coûts en 2025
La reprise ne se fera néanmoins pas sans quelques défis à relever pour les professionnels. Les entreprises sont en effet plus nombreuses à prévoir une augmentation des coûts en 2025 (30 %), plutôt qu’une baisse (7 %), certainement inquiétées par le contexte international. Cette tendance est particulièrement marquée chez les décorateurs d’intérieur (32 %), suivis des architectes d’intérieur (27 %) et des architectes (27 %).
Les attentes des clients, un défi majeur
Les clients étant toujours plus avertis, exigeants, en attente de transparence et de réactivité, répondre à leur attentes demeure un enjeu crucial pour les entreprises du secteur de la rénovation. La principale difficulté, citée par 43 % des répondants à l’étude, concerne la sensibilité des clients aux coûts, un challenge encore plus marqué pour les architectes (60 %). Par ailleurs, la proportion de professionnels confrontés à des attentes irréalistes de la part de leurs clients a augmenté de 10 points en un an, passant de 13 % en 2024 à 23 % en 2025.
Comment gérer les attentes irréalistes des clients ?
Investir pour optimiser les performances
Ainsi, les entreprises sont prêtes à investir pour relever les différents défis qui les attendent et optimiser leurs performances. Elles sont près de 79 % à prévoir dépenser en priorité dans des domaines stratégiques, comme l’amélioration de l’efficacité pour 31 % d’entre elles. Cela passe par la simplification des procédés et l’augmentation de la productivité, notamment via l’adoption de logiciels comme Houzz Pro. Aussi, le renforcement de la communication avec les clients et les équipes demeure un enjeu majeur pour 30 % des entreprises sondées. Une quête d’efficacité particulièrement marquée chez les architectes d’intérieur (34 %).
« La situation du secteur nous pousse à faire preuve de créativité et à nous remettre en question pour rester en phase avec les évolutions actuelles. L’arrivée de l’IA, notamment, redéfinit notre approche du métier. Elle nous offre de nouvelles perspectives, tout en nous invitant à adapter nos pratiques pour proposer des solutions encore plus innovantes et pertinentes », témoigne Claire Clerc pour aller plus loin.











